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Pendant deux ans, Cindy et moi rêvions de découvrir le Canada, attirés à la fois par son exotisme lointain et l’opportunité de plonger dans le monde de la pêche à la carpe au Québec.

 

Durant cette période, nous avons échangé avec Marcel, un guide local passionné par la pêche à la carpe et la chasse. Au départ, sa passion pour les carpes nous a surpris, étant donné que cette espèce est considérée comme envahissante au Canada. Mais rapidement, nous avons compris que sa passion pour la carpe égalait la nôtre. Nos échanges de mails étaient ponctués de photos de nos dernières prises, nous impressionnant mutuellement : lui avec ses prises en quantité, moi avec mes grosses carpes. Nous étions fascinés par nos réussites respectives. Au fil du temps, une confiance s’est installée, et finalement, nous avons décidé de rejoindre Marcel en juillet 2023 pour cette aventure au Québec.

C’était notre première visite au Canada, plus précisément au lac Saint-Pierre et ses 350 km2, alimenté par le grand fleuve Saint-Laurent.

Dès notre arrivée, les conditions météorologiques nous ont surpris avec de violents orages et même des tornades, ce qui est inhabituel à cette période. La rivière était en crue, ressemblant à ce que l’on voit au printemps, avec des arbres entiers, des pontons et des bateaux emportés par le fleuve. Mon enthousiasme initial d’attraper une vingtaine de carpes le premier jour s’est vite effacé face aux défis qui nous attendaient.

Marcel est venu nous accueillir dans la soirée à Montréal avec son sourire chaleureux, fidèle à l’image que nous nous étions faite de lui. Durant le trajet vers son domicile, soit environ 1h30, Marcel nous a prévenus que la pêche serait compliquée, restant toutefois positif quant à notre session de pêche. Il avait prévu quelques plans de secours, nous rassurant que nous irions pêcher le lendemain.

Nos premières carpes québécoises :

Le lendemain matin, nous avons remarqué le débit de la rivière Saint François diminuer, c’était un bon signe. Nous avons décidé de nous orienter vers l’archipel du lac, où les eaux étaient plus sages. C’est précisément ici que notre aventure a démarré. Dans ce cadre sauvage entouré de marécages, où des cerfs de Virginie et une grande variété d’oiseaux, tels que les aigles royaux, les carouges et les hérons, évoluaient en harmonie. Le lac Saint-Pierre étant désigné Réserve mondiale de la biosphère, la nature nous offrait une symphonie de beauté. Il ne manquait plus que le chant de nos DELKIM pour compléter le tableau.

Voici nos premières carpes québécoises

ayant succombé à nos esches équilibrées avec du maïs et du Popup Maize.

Par la suite, lorsque le débit du fleuve c’est amélioré, nous avons rejoint le lac Saint-Pierre et ses impressionnants 14 000 hectares pour poursuivre notre session. Nous avons établi notre poste à une embouchure, donnant sur le lac et à proximité d’une intense activité de navigation avec jet-skis, bateaux de plaisance et quelques géants (bateaux conteneurs). Cet endroit a été très productif mais loin d’être de tout repos. Nos lignes et amorçages étaient constamment balayés par les vagues provoquées par le passage des bateaux. Nous étions sans cesse dans l’eau, et pour rendre la situation plus compliquée, de violentes averses étaient de la partie.

Concernant notre matériel :

Nous avions le minimum, tout tenait dans le Compac Duffle Bag, robuste et surtout étanche.
Nous nous sommes retrouvés avec une seule canne chacun, conformément à la réglementation du Canada. Cette restriction aurait pu être un frein à notre enthousiasme, mais au contraire, elle nous a offert un sentiment de liberté. Nous avons réalisé que notre manque de matériel, bien que contraint, nous a en réalité rendus très mobiles et cela a décuplé notre sens de l’aventure. Cette simplicité nous a rapprochés de l’esprit véritable de la pêche, nous ramenant à l’essence même de cette passion qui nous animait.

Montage :

S’adapter à la nature sauvage et aux carpes québécoises était primordial, du Kontour en 18lb pour remplir nos bobines, ainsi que de la tresse Dark Matter tungsten associée à des hameçons Wide Gape XX en taille 4 pour nos bas de lignes. L’esche de prédilection était généralement équilibrée avec du maïs et un Popup Maize, bien que l’expérimentation d’une esche décollée en popup Maize de couleur rose sur un Spinner Rig donnait des résultats impressionnants, conduisant à des départs en série.

Durant notre séjour, le maïs s’est avéré être un appât suffisant pour rendre les poissons réceptifs. Les carpes capturées pesaient entre 6 et 12 kilos, et la grande majorité d’entre elles étaient des carpes communes, représentant environ 99,8% au Canada. Cependant, la prise la plus mémorable fut sans aucun doute une magnifique carpe miroir capturée par Cindy. Un moment inoubliable, à tel point que lorsque Cindy l’a vue remonter pendant le combat, nous l’avons entendue s’exclamer : « C’est une miroir ! » J’étais sceptique au début, mais quand je l’ai vue de mes propres yeux, j’ai répété ces mêmes mots à Marcel, qui lui aussi n’y croyait pas ! Jusqu’à ce qu’il la voie de ses propres yeux. Ce moment restera à jamais gravé dans nos mémoires, surtout en voyant l’émotion dans les yeux de Marcel. Apprendre par la suite que c’était seulement la deuxième carpe miroir qu’il avait vue dans sa vie nous a fait réaliser à quel point cette prise était spéciale.

Pendant notre séjour, nous avons également capturé des Barbu, des poissons-chats d’Amérique ayant des similitudes avec le barbeau de notre région car ils affectionnent les courants. Heureusement, les prises de Barbu étaient occasionnelles, ne perturbant en rien notre pêche.

Dans les jours qui ont suivi, les conditions se sont encore compliquées. Les pluies orageuses ont persisté, et certains barrages du côté américain ont été contraints de s’ouvrir, entraînant une augmentation significative du débit de la rivière. Face à cette situation, nous avons dû faire preuve d’ingéniosité et nous adapter au jour le jour pour continuer notre quête de carpes sauvages. Les spots de pêche qui semblaient si prometteurs au départ sont devenus atypiques, voire inaccessibles en raison des variations constantes du niveau de l’eau. Nous avons dû nous déplacer régulièrement et choisir des zones inattendues pour poser nos lignes, parfois directement dans le bateau, en rivière ou sur le lac, mais au cœur de ces conditions météorologiques défavorables, nous avons réussi à vivre des moments inoubliables.

Découvrez les moments forts  de notre  aventure au Canada en trois vidéos, capturant la beauté des paysages, l’émotion des prises et notre passion pour la pêche. 

Si vous rêvez de vivre la même expérience, n’hésitez pas à contacter Marcel, notre guide passionné, pour une aventure de pêche inégalée. Vous pouvez le joindre par mail : csel_2003@yahoo.fr